Airbus AIR|Rachat dactions de 5 Md contre plainte de Boeing sur son financement

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La guidance qui fait bondir Airbus

Airbus annonce ce mardi viser un EBIT ajusté compris entre 12 et 13 milliards d'euros en 2029, et lance dans le même mouvement un programme de rachat d'actions de 5 milliards d'euros. L'action bondit immédiatement en Bourse sur cette double annonce. Mais le même jour, à quelques heures d'intervalle, Boeing adresse une lettre officielle au représentant américain au Commerce pour contester le financement qui soutient cette même ambition.

La question que les articles ne résolvent pas encore, c'est celle du financement de cette ambition. Car cette guidance et ce rachat d'actions s'appuient en partie sur un soutien de la Banque européenne d'investissement, le plus grand prêt d'entreprise jamais consenti par la BEI. Et c'est précisément ce prêt que Boeing conteste au même moment.

Boeing conteste le prêt de la BEI

Selon un rapport Reuters relayé mardi, Boeing a demandé au gouvernement américain de faire pression sur l'Union européenne pour obtenir le détail complet d'un prêt de 3 milliards d'euros accordé à Airbus par la Banque européenne d'investissement. Dans sa lettre au représentant américain au Commerce Jamieson Greer, Boeing affirme avoir été surpris par l'annonce du 29 juin, qui comprenait une première tranche d'un milliard d'euros. Boeing souligne que cette annonce est intervenue quatre jours seulement après que l'Union européenne a accepté de prolonger indéfiniment la trêve tarifaire aéronautique conclue en 2021.

Deux positions s'affrontent directement dans les articles. Boeing écrit noir sur blanc que ce financement viole l'esprit de transparence de la trêve de 2021 et exige un bilan complet des conditions accordées. La BEI répond en niant tout traitement de faveur, rappelant qu'elle finance des milliers d'entreprises chaque année. Ce n'est pas une simple divergence d'interprétation analyste : c'est un désaccord frontal entre deux acteurs institutionnels sur un même fait daté, le 29 juin.

Le timing de la contestation de Boeing n'est pas neutre. Les articles précisent qu'Airbus discute en parallèle du développement d'un nouvel avion monocouloir dès 2030, ce qui déclencherait une nouvelle vague de concurrence sur le marché mondial. Boeing conteste donc le financement au moment précis où il commence à craindre la prochaine génération d'appareils européens. La contestation n'est pas seulement juridique, elle vise à ralentir un calendrier industriel qui inquiète le rival américain.

Le carnet de Farnborough compense-t-il le risque ?

Pendant que la procédure Boeing se dessine à Washington, Airbus continue d'annoncer des commandes fermes au salon de Farnborough. Le loueur irlandais SMBC Aviation Capital signe pour 100 appareils de la famille A320neo. Philippine Airlines double ses engagements sur l'A350-1000. Ces contrats renforcent un carnet déjà rempli pour plusieurs années et confirment une demande commerciale qui ne dépend, elle, d'aucune décision de Washington.

Mais ce carnet de commandes commerciales et le financement du plan 2029 ne sont pas la même chose. Les commandes valident la demande des compagnies aériennes pour les appareils actuels ; elles ne sécurisent pas le financement des investissements que la BEI a promis pour la prochaine décennie, celui-là même que Boeing conteste. Un carnet plein n'empêche pas un différend institutionnel de retarder ou de conditionner un prêt structurant.

Le point que les prochains jours doivent trancher, ce n'est pas le carnet de commandes, déjà solide, mais la réponse du représentant américain au Commerce à la demande de Boeing. Si Washington classe la demande sans y donner suite, le prêt de la BEI reste acquis et le plan d'EBIT à 12-13 milliards d'euros pour 2029 garde son financement intact, ce qui ferait du rachat d'actions actuel une confirmation plutôt qu'un pari. Si Washington ouvre une enquête formelle, la trêve tarifaire aéronautique redevient fragile et le calendrier du financement 2029 devient l'objet du doute que Boeing cherche justement à installer. C'est cette réponse américaine, et non le prochain chiffre de commandes, que le détenteur comme l'observateur doivent surveiller avant de trancher.

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