Big Tech et IA|le piège de lamortissement
Le paradoxe
Amazon, Alphabet et Microsoft investissent à un rythme sans précédent. Les dépenses mondiales en infrastructure IA atteignent 650 milliards de dollars, soit 2 % du PIB américain. Les investisseurs traitent majoritairement ces montants comme du capital industriel classique amorti sur le long terme. C’est une erreur de lecture majeure : l'infrastructure IA obéit à une physique économique radicalement différente.
Cycle de 3 ans
Selon Chris Brightman (Research Affiliates), le matériel IA devient obsolète en trois ans, et non six comme indiqué dans les bilans. Un GPU H100 de Nvidia passe d'un rendement de 137 % à -34 % en seulement quatre ans, chassé par l'efficacité énergétique des nouveaux modèles. Les "hyperscalers" gèrent désormais des stocks périssables. En étalant l'amortissement sur une durée excessive, ils surévaluent leurs bénéfices réels par rapport à la réalité technologique.
L'impasse
Les géants sont piégés dans un équilibre de Nash : ralentir, c'est perdre des parts de marché cloud face aux rivaux. Le cas Anthropic (Opus 4.7) montre qu'ils financent la distribution de modèles concurrents pour rester attractifs. À terme, la différenciation se jouera sur la sécurité et la conformité, des atouts stratégiques pour capter la clientèle entreprise, plutôt que sur la simple puissance de calcul.
Deux scénarios
Deux issues possibles : une compression des marges si les revenus IA stagnent, ou le succès des puces "maison" (Trainium, Maia) prolongeant la vie du matériel. Microsoft affiche 16,7 % de croissance, mais son cours reste sous sa moyenne mobile à 200 jours. Le ratio revenus/investissements IA demeure la donnée cruciale à surveiller, bien qu'elle reste encore opaque dans les rapports financiers actuels.