CAC 40 brisé par lIran|IPO SpaceX change la donne ?

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Paris dans le rouge

Le CAC 40 s'apprêtait à prolonger son rebond de la veille — jusqu'à ce qu'une dépêche Reuters sur l'Iran change tout. L'information signalait que Téhéran maintenait ses exigences sur l'enrichissement de l'uranium, compliquant les négociations avec Washington. Ce n'est pas le conflit lui-même qui a provoqué la vente : c'est l'incertitude sur sa durée.

Les investisseurs institutionnels qui avaient reconstruit des positions longues sur les valeurs cycliques françaises à l'ouverture ont liquidé en séance, poussant Stellantis à -4 % après la présentation de son plan stratégique. Elior et Ubisoft, fragilisés par leurs propres avertissements sur résultats, ont amplifié la pression vendeur. Le CAC a terminé dans le rouge, effaçant le rebond de la veille.

Ce qui reste non résolu : Nvidia venait de publier un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes pour la douzième fois consécutive, et les places boursières européennes ont quand même reculé. Le signal technologique américain n'a pas filtré vers les valeurs tech françaises — ce qui pose la question de savoir ce que les marchés européens valorisent vraiment en ce moment.

SpaceX entre en Bourse

Ce que le repli du CAC masque, c'est une rotation sectorielle que l'IPO de SpaceX a déclenchée sur les valeurs spatiales européennes. Le dépôt du formulaire S-1 auprès de la SEC a fait grimper les titres du secteur spatial coté en Europe dès l'ouverture — les flux d'achat provenant d'investisseurs institutionnels anticipant un effet d'entraînement de valorisation vers les comparables cotés.

La Société Générale est la seule banque française parmi les plus de vingt établissements retenus par SpaceX pour orchestrer l'opération. C'est un accès direct aux commissions et à la visibilité d'une introduction en bourse historique. Mais l'analyse financière de La Tribune signale une valorisation sans précédent par rapport au chiffre d'affaires — une prime qui n'est justifiable que si les flux futurs de Starlink et des lancements commerciaux tiennent leurs promesses.

Le paradoxe est que SpaceX arrive en Bourse avec des pertes significatives, dans un environnement géopolitique où le détroit d'Ormuz reste sous tension et où les coûts de carburant pèsent sur les opérations logistiques mondiales. Si les négociations Iran-États-Unis aboutissent rapidement, la prime de risque que les investisseurs acceptent aujourd'hui pour entrer dans l'IPO diminuera — et avec elle, l'appétit pour une valorisation extrême.

Elior : le signal qu'on ignore

L'avertissement sur résultats d'Elior a généré des volumes anormaux à Paris — ce qui distingue un simple décrochage d'un changement de thèse. Quand les volumes explosent à la baisse sur un titre de restauration collective, c'est que des porteurs institutionnels sortent, pas seulement des particuliers qui cèdent à la panique.

La causalité est simple : Elior opère sur des contrats à prix fixes dans un environnement de coûts alimentaires et énergétiques structurellement plus élevés depuis la fermeture du détroit d'Ormuz. Le conflit Iran ne touche pas Elior via les marchés financiers — il le touche via les marges opérationnelles. Chaque mois supplémentaire sans réouverture du détroit comprime un peu plus les résultats prévisionnels du secteur.

Le gouvernement français a annoncé 710 millions d'euros d'aides économiques supplémentaires liées à la crise iranienne — un signal que l'exécutif reconnaît l'impact sur l'activité domestique. Si ces aides ciblent les secteurs à forte intensité énergétique, une partie du flux de soutien pourrait stabiliser les marges d'Elior d'ici le second semestre. Le seuil à surveiller : la réouverture du détroit avant la fin juin. L'AIE estime que si Ormuz reste bloqué jusqu'à la driving season américaine, le marché pétrolier entre en zone rouge — et les contrats à prix fixes d'Elior deviennent intenables avant 2027.

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