Flambée du pétrole inflation US|Fin de la trêve Iran avant le sommet Trump-Xi ?

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Iran-inflation : la spirale

L'inflation américaine vient d'atteindre 3,8 % en avril, son plus haut depuis mai 2023 — mais ce n'est pas la hausse qui surprend les marchés. C'est que cette hausse arrive alors que la trêve avec l'Iran, censée calmer les prix à la pompe, est officiellement qualifiée par Trump lui-même de malade « sous assistance respiratoire ». L'essence a bondi de 28,4 % sur un an aux États-Unis, et le gallon ordinaire coûte désormais 4,50 dollars, contre 3 dollars avant le déclenchement des frappes le 28 février. Ce n'est pas un choc ponctuel absorbable : les producteurs alimentaires répercutent les surcoûts énergétiques, la viande bovine a augmenté de 16,1 %, les loyers et les billets d'avion suivent. Pour la première fois depuis trois ans, l'inflation progresse plus vite que les salaires, ce qui comprime directement le pouvoir d'achat des classes moyennes. La Maison-Blanche n'a émis aucun commentaire après la publication de l'indice. Ce silence, dans un contexte où Trump avait promis de faire baisser les prix « dès le premier jour », signale que l'exécutif n'a pas de réponse disponible dans les semaines qui viennent.

Côté diplomatique, l'Iran a rejeté mardi toute révision de sa proposition en 14 points, que Washington juge « bonne à mettre à la poubelle ». Téhéran menace désormais de porter l'enrichissement d'uranium à 90 %, le seuil militaire, si les combats reprennent. Ce n'est pas une posture de négociation classique : c'est un signal envoyé à Pékin autant qu'à Washington, à l'approche du sommet Trump-Xi prévu à partir de mercredi. Le détroit d'Ormuz reste quasi bloqué, avec le Brent à plus de 107 dollars le baril. Le Pentagone a réévalué le coût de l'opération « Epic Fury » à 29 milliards de dollars, en hausse de 4 milliards par rapport à l'estimation précédente. Ce renchérissement du conflit réduit la marge de manœuvre budgétaire américaine au moment précis où la Fed doit décider si elle peut baisser ses taux sans relancer l'inflation.

Le dollar face au yuan

Ce que le niveau du pétrole ne dit pas directement, c'est la pression qu'il exerce sur l'architecture monétaire mondiale. L'accord secret de 1974 entre Washington et Riyad — pétrole vendu en dollars contre protection militaire — était le fondement du recyclage des pétrodollars. Le blocage d'Ormuz change l'équation : la Chine, premier importateur mondial de pétrole iranien, règle une part croissante de ses achats en yuan. C'est précisément pourquoi l'administration Trump envisage d'étendre ses lignes de « swap » de devises avec les pays du Golfe et d'Asie du Sud-Est — non pas pour faciliter la liquidité, mais pour maintenir le dollar comme devise de facturation des hydrocarbures face à l'avancée du yuan. Cette bataille de devises se joue en coulisses du sommet de Pékin, où Trump doit demander à Xi Jinping d'user de son influence sur Téhéran pour rouvrir le détroit.

Or le levier américain sur la Chine est limité : Pékin sait que Washington a besoin de sa coopération pour sortir du bourbier iranien avant les élections de mi-mandat de novembre. Xi Jinping négocie donc en position de force. Les puissances asiatiques moyennes, du Japon à la Corée du Sud, redoutent que Trump concède sur Taïwan pour obtenir un accord sur l'Iran — ce qui expliquerait la déclaration préventive du président américain écartant publiquement toute concession sur Taïwan, deux jours avant le sommet. Le résultat du sommet de Pékin, plus que les prochaines données d'inflation, déterminera si le dollar conserve sa fonction de monnaie de réserve pétrolière dans le Golfe.

CAC 40 : taux et logement

En France, la transmission de ce choc pétrolier passe par un canal plus lent mais structurellement durable : les taux d'intérêt. Le CAC 40 enchaîne une quatrième séance de baisse consécutive et est repassé sous les 8 000 points. La mécanique est celle-ci : l'inflation américaine à 3,8 % réduit la probabilité d'une baisse de taux de la Fed, ce qui maintient les taux longs américains élevés, ce qui attire les capitaux hors d'Europe, ce qui pèse sur l'euro et renchérit les importations énergétiques libellées en dollars. Ce n'est pas un choc direct ; c'est une courroie de transmission qui s'allonge à chaque séance. Le marché du logement neuf illustre l'impact concret : les coûts de construction ont augmenté sous l'effet de l'énergie et des matériaux, les taux de crédit immobilier remontent après une apparente stabilité en avril, et la confiance des ménages recule sous la pression des prix à la pompe. L'immobilier neuf était l'un des rares secteurs en phase de reprise début 2026 ; cette reprise est désormais remise en cause avant même d'avoir consolidé.

Le point de bascule à surveiller est le taux du Brent. En dessous de 95 dollars, la pression inflationniste importée commencerait à se desserrer et la Fed retrouverait une fenêtre d'assouplissement. Au-dessus de 110 dollars, le scénario d'une hausse de taux supplémentaire aux États-Unis redeviendrait crédible — et le CAC 40 perdrait son principal argument de rebond. Si le sommet Trump-Xi échoue à produire un signal de désescalade sur Ormuz d'ici vendredi, le seuil des 7 800 points sur l'indice parisien entre dans le champ des possibles. Ce qui invaliderait ce scénario défavorable, c'est une déclaration conjointe de Washington et Pékin actant un mécanisme de passage sécurisé dans le détroit — un signal qui n'a jusqu'ici jamais été formulé.

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