Gaumont|Le conseil dit 100 euros, le marché en réclame 104

· CAC

Un prix jugé équitable que le marché refuse de suivre

Le conseil d'administration de Gaumont vient de juger équitable l'offre publique de retrait déposée par la famille Seydoux à 100 euros par action. Mais ce même jour, le titre continue de s'échanger à Paris nettement au-dessus de ce prix.

Depuis le relèvement de l'offre de 90 à 100 euros le 13 juillet, l'action Gaumont s'était repliée de 6% pour se stabiliser autour de 104 euros. Un marché qui valorise un titre plus haut que le prix de sortie proposé aux actionnaires envoie un signal que le conseil ne peut pas ignorer.

Pour un actionnaire minoritaire, la question devient concrète : apporter ses titres à 100 euros comme le conseil le recommande, ou les conserver puisque le marché continue de les valoriser plus cher. La réponse dépend de ce qui a réellement changé depuis la première offre.

Un prix qui a dû être renégocié sous contrainte

Ce doute du marché n'est pas nouveau. En mai, la famille Seydoux avait été contrainte par l'AMF de déposer cette offre de retrait, à un prix initial de 90 euros par action. L'expert indépendant chargé d'évaluer l'équité de ce prix ne l'avait pas validé, et la note en réponse attendue n'avait alors pas été publiée.

Le relèvement à 100 euros deux mois plus tard n'est donc pas un geste spontané envers les minoritaires, mais la conséquence directe de ce blocage. C'est cette même mécanique qui explique pourquoi le marché, aujourd'hui encore, ne prend pas pour argent comptant l'avis d'équité du conseil.

L'avis favorable publié aujourd'hui ferme formellement le dossier de valorisation, mais il ne résout pas la question qui a fait grimper le prix une première fois. Si le marché coterait juste, l'écart de quatre euros ne devrait pas persister après un avis d'équité rendu public.

Le calendrier de l'AMF, seule variable qui tranchera

La note d'information modifiée du projet d'offre doit encore être déposée auprès de l'Autorité des marchés financiers. C'est ce dépôt, et non l'avis du conseil, qui fixera les conditions définitives de sortie pour les actionnaires restants.

Pour un actionnaire déjà en portefeuille, la décision devient un pari sur le calendrier : apporter ses titres maintenant à 100 euros sécurise le prix, mais attendre le dépôt définitif à l'AMF devient pertinent si le seuil de détention nécessaire au retrait obligatoire n'est pas atteint, ce qui prolongerait la cotation. Pour un investisseur qui observe de l'extérieur, le signal à suivre n'est plus l'avis du conseil, déjà connu, mais la persistance ou la disparition de l'écart entre les 100 euros de l'offre et le cours coté à Paris.

Tant que l'action se maintient au-dessus de 100 euros après le dépôt de la note définitive, le marché continuera de dire que le prix d'offre n'est pas le prix d'équilibre. C'est ce seuil de détention, et l'écart de cours qui l'accompagne au moment du dépôt à l'AMF, qu'il faut surveiller avant toute décision.

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