Intel et ses fonderies|Le défi de la rentabilité
L'asymétrie
Intel et NVIDIA jouent leur avenir. Intel hésite sur le sort de ses fonderies, pilier d'un redressement qui peine à s'imposer face à TSMC. NVIDIA, à l'inverse, investit dans toute la chaîne de valeur de l'IA. Alors que TSMC affiche 66,2 % de marge et une demande saturée jusqu'en 2027, Intel envisage de s'écarter du marché le plus porteur de la technologie mondiale.
L'empire NVIDIA
NVIDIA verrouille l'infrastructure. Ses 2 milliards $ investis dans Synopsys lui offrent un poids stratégique sur les outils de conception utilisés par Intel et AMD. Sa part de 11,5 % dans CoreWeave crée un cycle vertueux : l'investissement finance l'achat de ses propres puces. Enfin, ses positions dans Coherent et Lumentum sécurisent les réseaux optiques. NVIDIA bâtit une plateforme intégrée en contrôlant chaque dépendance critique.
Le poids de TSMC
Un retrait d'Intel renforcerait la domination de TSMC, mais accentuerait ses pressions structurelles. Le déploiement du procédé N2 et les usines en Arizona pèseront sur les marges dès 2026. Les tensions au Moyen-Orient renchérissent aussi les coûts de production. TSMC devient indispensable mais vulnérable, contrainte par la géopolitique à produire à prix d'or alors que la demande mondiale repose presque exclusivement sur elle.
Quels scénarios
Deux issues se dessinent : soit Intel réussit sa scission pour concurrencer AMD, soit l'incertitude profite à Samsung et TSMC. Le temps presse. Sans partenaire stratégique ou soutien étatique rapide, les parts de marché d'Intel s'éroderont. Face à l'hégémonie de NVIDIA et la saturation de TSMC, la fenêtre pour redevenir un fondeur de premier plan se referme. Le redressement d'Intel dépend désormais d'un ancrage politique et financier externe.