Soitec -13% contagion Samsung|rebond ZenSemi lequel croire ?

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Le choc qui ne lui appartenait pas

Soitec a chuté de 13 % à 103 euros le 8 juillet, se retrouvant parmi les plus fortes baisses du SBF 120. Pourtant, aucun résultat, aucune alerte de chiffre d'affaires, aucune révision propre à Soitec ne justifiait ce mouvement.

Samsung avait publié un bénéfice opérationnel préliminaire de 89 400 milliards de wons, multiplié par 19 en un an, dépassant les attentes d'environ 6 %. L'action a pourtant chuté de plus de 10 % à Séoul, la cotation suspendue pour stabiliser le marché. Le chiffre d'affaires avait plus que doublé à 171 000 milliards de wons grâce à l'explosion des prix des puces mémoire liée à l'IA.

Un analyste basé à Paris a précisé que Soitec et STMicroelectronics reculaient « par effet de contagion, sans lien donc avec leurs perspectives ». Albert Yong, de Petra Capital Management, a résumé la logique du mouvement : les investisseurs avaient « peut-être déjà intégré ces résultats solides » et se concentraient sur la trajectoire à long terme du cycle mémoire. Ce n'est pas Soitec qui était jugée — c'est l'ensemble du secteur qui était revendu.

Avant ce choc, les fondamentaux de Soitec s'amélioraient. Au premier trimestre 2026, STMicroelectronics — principal client de Soitec pour les substrats SOI — avait affiché un chiffre d'affaires de 3,1 milliards de dollars en hausse de 23 %, les stocks de la distribution revenus à des niveaux normalisés, et son objectif de revenus liés aux centres de données doublé à un milliard de dollars. La chute de 13 % n'effaçait donc pas une dégradation des commandes — elle effaçait une prime de sentiment.

Le rebond ZenSemi : catalyseur propre ou faux signal ?

Le 10 juillet, Soitec a bondi de 7,35 % à 122,75 euros, inscrivant une cassure franche de la résistance des 117 euros. Le déclencheur était un partenariat annoncé avec le fondeur chinois ZenSemi pour industrialiser des substrats 300 mm BCD-sur-SOI, destinés notamment aux applications d'intelligence artificielle. Dans un marché parisien légèrement négatif ce jour-là, le secteur technologique progressait de 2,45 % — mais Soitec surperformait l'ensemble.

Mais le rebond pose immédiatement une question que les graphiques ne résolvent pas seuls. Le RSI à 42,51 traduit un momentum encore mesuré — pas de surchauffe, mais pas non plus de dynamique convaincante. La moyenne mobile à 20 jours reste un signal contrariant. ZenSemi est un fondeur chinois : la question de la durabilité de ce partenariat dans un environnement de restrictions à l'export de technologies semi-conducteurs n'est pas tranchée dans les articles.

C'est précisément ici que le conflit entre sources se révèle. ABC Bourse estimait que « le scénario d'une poursuite du mouvement de repli est le plus probable », avec un support technique à 58 euros comme prochaine zone significative si le seuil de 61,50 euros cède. À l'opposé, Boursier.com et Albert Yong affirmaient que « les fondamentaux du marché de la mémoire restent favorables » et que la baisse indiquait simplement que les investisseurs « se concentraient sur la trajectoire à long terme ». Les deux sources lisent le même signal de Samsung avec des conclusions opposées sur ce que Soitec vaut désormais.

Le point que le marché ne valorisait pas correctement avant le rebond est la position de Soitec dans la chaîne d'approvisionnement. Ses substrats SOI sont des composants en amont des puces mémoire à haute bande passante (HBM) qui alimentent les GPU Nvidia et les serveurs d'IA. Contrairement aux fabricants de logiciels exposés au risque d'adoption, Soitec gagne dès que les géants du cloud construisent leurs infrastructures — peu importe qui remporte la bataille des modèles. C'est l'argument que les acheteurs du rebond du 10 juillet ont retenu.

SK Hynix et le verdict de la demande réelle

L'introduction de SK Hynix au Nasdaq fin juillet constituait le premier test externe de la thèse que les acheteurs de Soitec défendaient. Le carnet d'ordres institutionnel avait été sursouscrit plus de sept fois selon Bloomberg. La valorisation visée de 1 200 milliards de dollars — au niveau de Micron, alors que les profits de SK Hynix s'annonçaient plus élevés — signalait que les grands investisseurs internationaux attribuaient une prime structurelle aux fournisseurs de mémoire IA.

Mais SK Hynix s'est effondré après son entrée au Nasdaq, entraînant le Kospi de Séoul dans une baisse de 5 %. L'euphorie s'était dissipée aussi vite qu'elle était apparue. Vey-Sern Ling, de l'Union Bancaire Privée, a résumé le dilemme : « Il n'y a pas de signe de ralentissement de la demande de puces mémoire, mais le débat porte vraiment sur la durabilité des bénéfices et la valorisation appropriée. » Ce débat est exactement celui que Soitec incarne à l'échelle française.

Pour les porteurs actuels, la question est de savoir si le seuil des 117 euros tient en clôture après les turbulences de l'IPO SK Hynix : un maintien au-dessus invalide la lecture baissière et ouvre la voie vers 180 euros selon l'analyse graphique publiée le 10 juillet. Pour un observateur qui surveille le dossier, le signal à attendre est plus fondamental : les résultats du deuxième trimestre de Soitec, qui diront si les commandes de substrats ont réellement accéléré avec la montée en puissance des centres de données IA. Si les commandes T2 confirment la croissance de l'activité data centers — dont l'objectif annuel a déjà été doublé chez son principal client — le rebond ZenSemi n'était pas un faux signal. Si elles déçoivent, la chute par contagion Samsung n'était que le début d'une réévaluation plus profonde.

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