Technip Energies|-14,5% malgré un carnet record de 25Mds

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Le choc du semestre

Technip Energies a perdu près de quinze pour cent en Bourse ce jeudi, sa plus forte baisse au sein du SBF 120. L'action tombe à 27,88 euros après la publication de résultats semestriels très inférieurs aux attentes du marché. Le titre encaissait déjà une chute de onze pour cent en cours de séance avant que la sanction ne s'aggrave en clôture.

Le chiffre d'affaires ajusté reste quasiment stable, à 3,65 milliards d'euros sur le semestre. Mais la rentabilité s'effondre : la marge d'EBITDA récurrent ajusté tombe à 5,8 %, contre 8,7 % un an plus tôt. Le bénéfice net est divisé par deux, à 95,9 millions d'euros contre 191 millions au premier semestre 2025.

La dégradation s'accélère nettement au second trimestre. Le bénéfice net ajusté ne s'élève qu'à 10,5 millions d'euros, quand les analystes sondés par le groupe en attendaient 97 millions. L'écart avec le consensus atteint 88 pour cent selon Jefferies, qui évoque une accélération opérationnelle bien plus sévère qu'anticipé.

L'origine du choc

Ce recul de marge ne traduit pas une perte de commandes ni un ralentissement de l'activité. Technip Energies précise que ses projets de gaz naturel liquéfié dans la région n'ont pas été directement touchés par les frappes américano-iraniennes. Ce sont des effets secondaires qui pèsent : surcoûts logistiques, sécurité renforcée et continuité des opérations sur les chantiers du Moyen-Orient.

Le groupe a donc revu à la baisse son objectif annuel de marge d'EBITDA pour sa division Livraison de projet, la plus importante. Elle est désormais attendue à plus de 5 pour cent, contre une fourchette de 6,5 à 7,5 pour cent précédemment communiquée. Jefferies anticipe que ces nouveaux objectifs pourraient entraîner une révision du consensus annuel de l'ordre de 19 pour cent à la baisse.

Technip Energies indique disposer de protections contractuelles solides pour se faire rembourser une partie de ces surcoûts. Mais le groupe reconnaît lui-même que l'ampleur et le calendrier exact de ces remboursements dépendront de l'évolution du conflit et de l'issue des discussions commerciales en cours. Rien n'est donc acquis à ce stade.

Le paradoxe du carnet de commandes

Voilà le paradoxe qui complique la lecture du dossier. Pendant que la rentabilité s'effondre, l'activité commerciale n'a jamais été aussi solide. Le carnet de commandes du groupe a bondi de plus de 50 pour cent depuis le début de l'année, pour atteindre 25 milliards d'euros, un niveau inédit représentant environ trois fois le chiffre d'affaires annuel.

Ce carnet est porté par une prise de commandes exceptionnelle de 12,7 milliards d'euros sur le semestre, contre seulement 2,65 milliards un an plus tôt. Le directeur général Arnaud Piéton souligne que près de 75 pour cent des nouveaux contrats signés au cours des vingt-quatre derniers mois l'ont été hors de la zone Moyen-Orient, preuve d'une stratégie de diversification déjà engagée.

Piéton l'affirme lui-même : la crise du détroit d'Ormuz redessine les investissements mondiaux dans les infrastructures énergétiques, au profit de la souveraineté énergétique et de la diversification des approvisionnements. Pour l'investisseur, la question ne se résume donc plus à un trimestre raté. Elle porte sur un arbitrage : la rentabilité 2026 encaisse le choc du conflit, tandis que le carnet de commandes construit, lui, la trajectoire de croissance jusqu'à la fin de la décennie.

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