Vivendi|UMG déçoit, Vivendi plonge de 18,5%

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L'effondrement du 31 juillet

Vivendi a plongé de 18,5% en Bourse ce vendredi 31 juillet, sa pire séance depuis 2002. La cause tient en un seul actif : les 9,9% que le groupe détient dans Universal Music Group, qui s'est lui-même effondré de 23% à Amsterdam le même jour.

Universal Music a publié des résultats trimestriels jugés décevants à tous les niveaux. La croissance des abonnements streaming, hors acquisition de Downtown, n'a atteint que 6,7% à changes constants, contre 9,3% attendu par le marché. Le bénéfice net a reculé de 84,5% à 222 millions d'euros, et le flux de trésorerie disponible est tombé à seulement 24 millions d'euros, contre 163 millions un an plus tôt.

Le paradoxe est frappant : la participation de Vivendi dans UMG vaut à elle seule 2,7 milliards d'euros, soit davantage que la capitalisation boursière totale de Vivendi, tombée à 1,635 milliard d'euros après la chute. Cet écart s'explique par une décote de holding qui atteignait déjà près de 50% de la valeur comptable selon une note de Barclays du 8 juillet, avant même cette séance noire.

Pourquoi le marché punit-il autant

La déception ne vient pas d'un manque de catalyseurs. UMG avait pourtant tout pour rassurer : des sorties fortes signées Drake et Olivia Rodrigo, ainsi que des hausses de prix chez Spotify, YouTube Music et Apple Music. Mais le marché attendait que ces soutiens ramènent la croissance du streaming payant sur une trajectoire clairement ascendante, et il en ressort déçu.

Au-delà du ralentissement des abonnements, la rentabilité s'est aussi dégradée. La marge d'Ebitda ajusté a reculé de 2,2 points à 20,5%, pénalisée par la consolidation de Downtown, un mix de revenus moins favorable et une hausse des frais juridiques liés aux litiges sur l'intelligence artificielle. Dans le même temps, la dette nette a presque doublé, passant de 2,39 milliards d'euros fin 2025 à 4,13 milliards d'euros à la mi-2026, sous l'effet de l'acquisition de Downtown, des dividendes et des rachats d'actions.

Les analystes restent divisés sur la portée de cette déception. UBS estime que le marché attendra des signes concrets de réaccélération avant de redevenir optimiste et maintient sa recommandation neutre. ING, à l'inverse, conserve sa recommandation d'achat avec un objectif de cours de 27,20 euros, jugeant les facteurs de faiblesse largement temporaires. Oddo BHF anticipe même une normalisation dès le troisième trimestre, portée par les sorties d'albums à venir.

Bolloré, Ackman et l'avenir de la décote

Cette chute ne fait qu'amplifier une question déjà posée avant même la publication des résultats. Depuis la scission de Vivendi avec Canal+, Havas et Louis Hachette Group, le groupe ne possède plus d'activité en propre, hormis l'éditeur de jeux vidéo Gameloft, et reste une pure société de portefeuille dont l'essentiel de la valeur dépend d'une participation minoritaire dans UMG.

Un autre événement pèse sur l'équation : l'investisseur activiste Bill Ackman a mis sur la table une proposition non-engageante pour prendre le contrôle d'Universal Music Group, valorisée à près de 64,3 milliards de dollars, une prime de 78% par rapport au cours avant l'annonce. Le plan viserait à retirer UMG de la cote d'Amsterdam pour l'introduire à New York, où Ackman estime que la valorisation du titre est artificiellement bridée.

Le groupe Bolloré, qui détient un peu moins de 30% de Vivendi et reste indirectement exposé à UMG, serait le grand gagnant si cette opération se concrétisait, selon les observateurs cités dans la presse spécialisée. Mais l'offre d'Ackman demeure non-engageante à ce stade, et le conseil d'administration d'UMG doit encore l'examiner. Pour l'actionnaire de Vivendi, la séance du 31 juillet illustre donc une tension à double sens : un trimestre décevant qui a immédiatement rogné la valeur de la participation, mais aussi une opération capitalistique en discussion qui pourrait, si elle aboutit, réduire justement la décote de holding qui pénalise le titre depuis des années.

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